Réforme de la formation professionnelle : comment aider les salariés à s’orienter ?

La réforme de la formation, telle qu’elle est annoncée, semble se délester d’une certaine lourdeur administrative, pour donner une plus grande liberté de choix aux salariés, en leur donnant un accès facilité aux propositions de formation. On sait le véritable « parcours du combattant administratif » auquel le salarié est actuellement confronté lorsqu’il souhaite suivre une formation professionnelle.

La FFP (Fédération de la Formation Professionnelle), dans un communiqué de presse du 7 Mars dernier, salue « l’effort de transformation du système de formation, vers plus d’efficacité, de transparence et de justice sociale. »

 

5 mains qui se croisent pour célébrer le succès

 

Il y a effectivement un besoin de simplification du système, pour le rendre plus réactif, plus efficace et plus attractif. Pour autant, sur la base des annonces qui ont été faites, on peut se demander si les principaux outils qui vont être mis en place vont effectivement améliorer l’accès à des formations répondant à la fois aux attentes des entreprises, et aux aspirations des salariés.

Deux exemples de risques d’échec :

On nous dit que les salariés vont retrouver une certaine liberté dans les choix des programmes de formation qu’ils vont demander.

Deux parcours de formation sont aujourd’hui très majoritaires dans les demandes des salariés : formation en Anglais, et formation au CACES (formation à la conduite d’engins). Avec la liberté de choix de formation accordée aux salariés, ne va t-il pas y avoir une explosion de la demande dans ces deux domaines ? Pour autant, l’Anglais, par exemple, est-il vraiment utile pour des personnes travaillant dans des entreprises ou dans des services ayant un marché local ?

Pour l’exemple, je cite les secteurs de la construction, de la santé, et aussi des PME revendiquant un ancrage local ou régional. L’international n’est pas la priorité de toutes les entreprises. De même, si l’on travaille dans un service support, qu’il soit comptable, administratif ou RH, son interaction avec l’international n’est pas forcément évidente.

Donc, je me forme en Anglais…mais pour quoi au fait ? Pour mon évolution professionnelle ? Pour maitriser de nouvelles compétences utiles dans mon travail ? Ou pour mon développement personnel ?

Autre élément de la réforme qui semble envisagé : à partir de 2019, les salariés auront un accès à l’offre de formation grâce à une application sur leur smartphone. On s’imagine que 100% de la population est aujourd’hui connectée, et que l’utilisation du digital est une évidence pour tout le monde ; en est-on bien sûr, dans un pays qui compte 2.500.000 personnes en situation d’illettrisme, et dans lequel une personne sur cinq n’a pas d’ordinateur ? Dans ces conditions, comment ces personnes non connectées vont-elles avoir accès à l’offre de formation et choisir ce qui leur convient ?

Enfin, il y a la question de la place de l’entreprise dans ce projet. Un Responsable RH ou un manager peut déceler un besoin particulier, soit concernant le salarié (remise à niveau, acquisition de nouvelles compétences), soit concernant l’entreprise (nouveau savoir-faire, nouvelle technologie). Comment l’entreprise, dans cette réforme, va-t-elle pouvoir interagir pour que les besoins qu’elle a identifiés puissent être satisfaits ?

L’accès facilité à la formation pour encourager les salariés à se former, s’il se confirme, est une vraie avancée ; sous quelques réserves déjà énoncées ; et à condition de mettre en place un dispositif permettant à tous de s’orienter facilement, et tenant compte des besoins de l’entreprise.

 

Illustration Freepik.com

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